2020, une grande année pour Emmanuel Guibert

Publié le 14.09.2020

Emmanuel Guibert est né à Paris en 1964. Son premier album, Brune (Albin Michel) paraît en 1992 au terme de sept années de travail.

À l'issue de cette parution, Emmanuel Guibert rejoint un petit cercle de jeunes dessinateurs autour de L'Association. En 1997, il signe avec Joann Sfar La Fille du professeur (Dupuis), récompensé par l'Alph'Art coup de cœur et le prix René Goscinny. 

Publiée par les éditions Dupuis, la trilogie Le Photographe débutée en 2003 allie ses dessins aux photographies de Didier Lefèvre et raconte le déroulement d'une authentique mission humanitaire dans les vallées afghanes en 1986. L’œuvre reçoit le prix des libraires de bande dessinée en 2004, l'Essentiel d'Angoulême en 2007 ainsi que le prix Micheluzzi en 2010. En juillet de la même année, la trilogie est récompensée par le prix Eisner, plus haute distinction américaine en matière de bande dessinée.

 

Voici ce qu'Emmanuel Guibert dit de cette œuvre :
"Quand un reporter photographe rentre de mission dans un pays en guerre, il ramène des centaines de photos et autant d'anecdotes. Sur ces centaines de photos, quelques dizaines sont tirées, quatre ou cinq sont vendues à la presse, et le reste, sous forme de planches-contact, échoue dans des boîtes. Le photographe, s'il aime raconter, raconte les anecdotes à ses proches. Puis le temps passe, d'autres missions, d'autres photos et d'autres anecdotes chassent les premières, et la mémoire, elle aussi, les met en boîte. Voilà comment s'endorment les histoires. Le nombre de belles histoires au bois dormant est infini. La bande dessinée est un des moyens de les réveiller. J'ai cent raisons d'aimer Didier Lefèvre. L'une d'elles, c'est qu'il est bon photographe. Une autre, c'est qu'il raconte bien les histoires. Dès les premières fois où je l'ai entendu, planches-contact à l'appui, me raconter un de ses reportages, j'ai voulu qu'on fasse un livre tous les deux. La bande dessinée intervient pour faire entendre la voix de Didier, combler les vides entre les photos et raconter ce qui se passe quand Didier, pour une raison ou une autre, n'a pas pu photographier."

 

En 2013, l'auteur signe L'Enfance d'Alan (Grand Prix de l'ACBD) et Martha & Alan à L'Association. On lui doit aussi la série jeunesse Ariol (Bayard Presse), qui compte une quinzaine d’albums. Il publie également des livres de croquis, dont le dernier est Italia (Dupuis, 2015).

Fait chevalier de l'Ordre national des arts et des lettres, il a reçu en 2017 le prix René Goscinny pour l'ensemble de son œuvre. En 2020, Emmanuel Guibert est élu Grand Prix du 47e Festival international de la bande dessinée d'Angoulême.

 

L'actualité d'Emmanuel Guibert en bref...

  • Depuis le 10 septembre et jusqu'au 18 octobre 2020, Emmanuel Guibert est l’invité de l’Académie des beaux-arts pour une exposition des biographies en bande dessinée consacrées à ses amis, l’ancien G.I. Alan Ingram Cope et le photo-reporter Didier Lefèvre.
  • Le 25 novembre à 19h, il sera l'invité du Collège de France au cours d'un entretien animé par Patrick Boucheron (Amphithéâtre Marguerite de Navarre) dans le cadre de l'exceptionnel cycle de conférences et d’entretiens autour d’auteurs de BD organisé par le Collège de France.